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Franche-Comté , spécialement le château de Joux,les dits cantons engagèrent Jehanne à réhabiliter ledit Claude de Neuchâtel, en vue d’empêcher un plusgrand mal, laquelle réhabilitation eut son effet parun acte qui contient ces mots remarquables, au re-gard de la matière ici traitée: De grâce spéciale,pleine puissance, et autorité souveraine, avons bailléet octroyé etc.
Je ne dois omettre d’observer que notre comtesse,toute jeune et désireuse de se divertir, alla bientôtaprès son mariage à Paris avec Louis d’Orléans , lais-sant le gouvernement du pays à Marie de Savoie samère; et bien qu’elle donnât en même temps part auxaffaires à son mari, toutefois et par les sages conseilsde sa mère, elle retint les fonctions de souveraine,non pour les remplir, si bien que par grande jeunesseet amour des divertissemens et plaisirs de la cour, oùelle était grandement festoyée, elle oublia si bien lecomté qu’elle faillit à tout perdre. Certes, ce futgrand hazard ; car tout fut bouleversé dans ce payspeu d’années après; c’est ce qu’il est nécessaire de dé-duire sommairement, vu qu’à cette heure l’histoirede notre grand fief est convertie en celle d’une sou-veraineté naissante.
Dans la sanglante guerre des Suisses contre laFrance, Louis d’Orléans , mari de Jehanne, montratant et tant d’ardeur pour les Français , jouant despoings en toutes occasions de batailles, malgré lesavertissemens qu’il recevait tant de ce pays que deBerne , ainsi que la Comtesse. Les Cantons s’irritaient,et non sans cause, que ce prince qui avait tant sou-