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lettre que les dits Ministraux écrivirent aussitôt a laprincesse, et dont l’un d’entr’eux, Guillaume Merveil-leux , dit l’Arbalétrier, fut le porteur dépêché pour ceen grande hâte à Paris , afin d’informer Jehanne parle même de tout ce qui se passait, et la supplier depromptement venir mettre ordre aux affaires du Comtépar elle-même, persuadés qu’ils étaient que sa pré-sence détournerait l’orage. Et n’était que je ne dois tropallonger cette notice ( déjà plus étendue que je ne lepensais en commençant ), j’aurais couché ici cette tantbelle et bonne lettre, toute longue qu’elle est, et parlaquelle les dits Ministraux semblent être tout à la foisdes pères sages, tendres et bien advisés, et de bravesenfans affectionnés et soumis. La princesse témoignaun grand contentement de la dite information, et donnaforce paroles d’affection et gratitude de bouche et parécrit, mais elle ne fit rien de tout ce qui lui avait étéconseillé si sagement, ne voulant quitter ses états et di-vertissemens si chers; tellement que le tonnerre quigrondait en la nue ne tarda pas à frapper. Lesquellesparticularités (ainsi que diverses autres ci-devant etci-après rapportées), sont tirées du bon manuscript duchanoine Jaques Baillods, témoin de ces choses, des-quelles j’ai pu vérifier plusieurs sur documens à Tryeet Berne , bien plus qu’en nos pauvres archives.
Toutefois on crut pendant un moment que Louisd’Orléans avait mis à profit les susdits avertissemens,vu qu’on apprit au mois d’Avril 1 5 12, qu’il était venuau nom du roi Louis XII parlementer de paix avec lesCantons, leur faisant offres avantageuses et dorées detous points de la part du Roi, et cherchant à captiver