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Tome premier.
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— SG

un chacun par ses prévenances et affables manières.Mais au milieu des conférences à Zurich , un courrierapporta la nouvelle de la bataille de Ravenne gagnéepar les Français sur l’armée des Espagnols et Véni-tiens, en laquelle était un corps de Suisses qui sup-porta le plus grand effort et la plus grosse perte. Aussi-tôt Louis d’Orléans enivré par cette nouvelle, fit le fier,voulut marchander et rabattre, mêmement retirer sespremières propositions, et fit tant et si bien à sa tête,selon son pristin esprit, que tout fut rompu ; tellementque par cette inconsidérée conduite, le prince bâtalui-même le fatal moment qui allait bientôt ravir àJehanne sa femme la souveraineté de Neuchâtel .

Les quatre cantons alliés voyant que dans leur ir-ritation, les confédérés en haine de Louis d’Orléans neparlaient de Neuchâtel qu’en grinçant les dents, offri-rent, comme alliés et voisins, de s’assurer du Comté etd’y mettre de leurs gens pour empêcher le prince d’yrien tramer de contraire à la confédération; ce quifut accepté par les huit autres Cantons, car alors ilsn’étaient qu’au nombre de douze, Appenzell n’étant en-tré en la ligue que quelques années après.

Voilà donc qu’au mois de Juillet i5i2, les ambas-sadeurs des quatre cantons, Berne, Lucerne , Fribourget Soleure, viennent à Neuchâtel notifier au lieutenantde l’état Philibert de Chauvirey, aux Ministraux et àtout le pays qu’ils saisissaient le Comté et en prenaientpossession comme protecteurs , vu les occurrences etcrainte de malheur. Il est à remarquer que sur cer-tains murmures des bourgeois et les remontrances desMinistraux, les ambassadeurs répondirent que si les