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Tome premier.
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dits Ministraux avaient suivi le conseil à eux donné deprendre en main, le gouvernement- du Comté, la pré-sente saisie ne se serait faite. Bref les dits ambassa-deurs établirent lieutenant ou baillif du Comté, Louisde Diesbach de Berne , et après avoir exigé le sermentde fidélité de tout le pays, et confirmé les privilèges,ils passèrent un acte particulier en faveur de la villepour la conservation de ses franchises.

Ce fut ainsi que le Comté passa en des mains étran-gères, et que les quatre Cantons alliés qui le premierjour ne voulaient que protéger Neuchâtel , s’en décla-rèrent souverains le lendemain, du moins par le fait.Sauf le respect que je dois aux dits Cantons, lesquelsj’honore plus que personne au monde, leur besognene fut belle en ce rencontre, ains toute contraire à leursdevoirs et sermens d’alliés etcombourgeois, sans parlerdes droits de la raison et de la justice : malheureuse-ment c’est denrée comptée pour peu de chose par lespuissants de la erre.

Les huit autres Cantons réfléchissant à la susdite sai-sie faite et parfaite par ceux de Berne, Lucerne , Fri-bourg et Soleure ( lesquels avaient dit au commence-ment vouloir seulement prendre soin du Comté commebons alliés et voisins), et informés qu’ils en avaient toutd’abord fait un grand, bel et bon bailliage, voulurentaussi avoir leur part du gâteau, ce qui fut bientôt faitet consenti à Fribourg le 20 Décembre ; seulement laseigneurie de Berne réserva-t-elle, pour elle et pourle Comté et la Ville de Neuchâtel , les alliances et com-bourgeoisies particulières et réciproques entre les deuxPays.