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Tome premier.
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Partant, au lieu de quatre souverains étrangers, leComté en eut douze qui semblaient tombés des nues,de quoi il ne faut trop s’étonner, Messieurs des liguesétant devenus fort avides de curée après tant de dé-pouilles et agrandissemens, ayant à coups de hachesd’armes effacé jusqu’à la dernière trace des grands sei-gneurs par tout leur pays, ( fors celui de Neuchâtel qui seul restait, ) voire déplumé les maisons d’Autri-che et de Savoie, le duché de Milan et autres terresà leur main, ce qu’ils nommaient droit de conquête.Ainsi donc à la St. George 1 5 1 3 arrivèrent à Neuchâtel les ambassadeurs des douze nouveaux maîtres du pays,pour statuer la forme de leur administration laquellen’est de mon sujet : seulement faut-il observer qu’ils gou-vernèrentetpossédèrentenpleinesouveraineté, sans quela maison de Châlons dît un mot en faveur de sa directevraie ou prétendue ; chose toutefois qui était facile et con-venable si la dite maison avait ou croyait avoir encoredroit à cette relevance. De plus, dans le traité de paixdes Suisses avec la France l’an i5i 6, moment capitalpour la maison de Châlons de se montrer, du moinspar un mot de réclamation et protestation, elle ne ditni ne fit quoi que ce soit, en telle sorte que Neuchâtel fut compris au dit traité comme faisant partie du do-maine souverain et indépendant des ligues Suisses .

On pourrait s’étonner que le roi François I , qui af-fectionnait tant la comtesse Jehanne sa cousine, netâcha pas de lui faire rendre son Comté par les Suisses avec lesquels il fit le traité qu’on nomma paix perpé-tuelle. Il est bon de dire que par les instructions don-nées aux ambassadeurs de France pour conclure cette