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Tome premier.
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Jehanne, quatorze ans auparavant; car il est notoireque ce Guillaume de Nassau ne tenait par aucun boutau chésaul de Châlons-Orange, en manière quelconque,n’ayant goutte de ce sang dans le sien. C’était un forainde toute foraineté, intrus en cet héritage par une alié-nation exorbitante que la doctrine des fiefs, soit d’Al-lemagne, soit de Bourgogne , rejetait également; cequi rendait (s’entend au regard de la succession dedallons), le testament de Réné de Nassau entièrementcaduc et invalide, vu et d’autant qu’il subsistait un mâledescendant d’Alix de Châlons, désigné par la substi-tution de Jehan IV. Or ce mâle était François d’Or-léans, prince de Neuchâtel , appelé par le droit du sang,ensemble par la disposition de l’homme et par celle dela loi. Mais la princesse Jeanne était décédée l’an au-paravant 1 543, après avoir perdu son fils Louis d’Or-léans , l’an 1 536; elle avait laissé un petit-fils, le sus-dit François âgé de huit ans, sous la tutelle de Mariereine d’Ecosse sa mère, et sous celle du duc de Guiseson aïeul maternel, lesquels dits tuteurs ne remuèrentni pieds ni pattes, comme on dit, laissant ainsi échap-per cette tant belle occasion et ouverture de faire valoirdes droits, h cette fois fondés sur roche. S’ils ignoraientles choses, comment nos gens d’alors n’y pengèrent-ils pas pour les tuteurs, auxquels ils étaient tenus pardevoir et conscience de donner connaissance de ce qu’ilssavaient, singulièrement en la minorité d’un tout jeuneprince, dont le profit, ce me semble, aurait dû êtretout autrement cher à de fidèles serviteurs? Certes celafait compassion et dépit, quand on pense combien lesGuises étaient puissans en crédit à la cour de France,