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Tome premier.
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tellement que rien ne s’y fit long-temps qu’à leur tète.Certain est-il que je n’ai pas trouvé qu’il ait été penséni dit un seul mot par nos gens en cet important ren-contre; par quoi se justifie le mot que j’ai avancé plushaut, savoir qu’il n’est pire ménage que dans les af-faires des princes. Toutefois la susdite faute m’étonne,vu la tant bonne tête de Jehan Merveilleux, hommeintègre et-laborieux autant que sagace; possible qu’ilfut absent, étant presque toujours employé au-dehors,par commissions de nos princes, mêmement par le roide France Henri II , dont il faisait souvent les affairesen Suisse .

Quoi qu’il en soit, si en se taisant quand il fallaitparler, nos princes perdirent une tant belle occasiond’avancer leur profit, ils faillirent à tout gâter pouravoir parlé quand il aurait fallu se taire; car non-seulement Guillaume de Nassau se mit tranquillementen possession de l’héritage de Châlons , mais il repritet suivit non à Paris mais à Malines, la matière duprocès que Jehanne avait été tant malhabilement con-seillée d’intenter après la mort de Philibert de Châlons;en telle sorte qu’on a la douleur de voir que ce mau-dit procès mal-à-propos commencé, pauvrement con-duit, et finalement abandonné alors qu’on avait justedroit et raison d’agir, donna l’idée aux comtes de Nassau de faire mention de ce pays dans la procédure, et deréclamer le comté de ISeuchâtel ès Joux, comme fai-sant partie de l’héritage de Châlons . 11 y a là, certes,de quoi jaunir d’une juste et patriotique fâcherie, quandon voit nos premiers princes français, à commencerpar le mari de Jehanne, faire faute sur faute, soit