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Tome premier.
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qui commençait à nous dominer. Car après la sage ettant habile conduite de la plupart de nos anciens comtesqui avaient su se conserver, mêmement se fortifierau milieu de la générale destruction de tous les grandsseigneurs de la Suisse , voire enfin se rendre indépen-dans, nos princes français n’avaient qu’à suivre cesbons exemples, ou mieux est de dire, qu’il ne leurrestait plus rien à faire qu’à jouir tranquillement dufruit des bonnes oeuvres de leurs sages devanciers.Notre incorporation helvétique assise déjà sur d’an-tiques fondemens, que la possession et remise du comtépar les cantons venaient de confirmer et assurer à toutjamais, était le bouclier de ce pays au regard dudehors : quant au' dedans, bien des articles, et desprincipaux, étaient en bon train, tels que l’ordre dela succession, la puissance publique, l’essence et la na-ture de la seigneurie, la prérogative du prince, lesdroits des sujets, la forme des jugemens; surtout quoiil ne restait qu’à travailler doucement, à perfectionnerpetit-à-petit les choses par de bonnes lois et décré-tales faites successivement sur un plan simple, parlequel plan la coutume aurait pu se trouver rédigéeun jour en code ou corps de lois coutumières, articlecapital et fort en arrière chez nous. Pour cet effet, il eûtfallu statuer en chef que les audiences-générales s’assem-bleraient chaque année au mois de mai, ou du moins dedeux ans en deux ans, et ce en telle manière qu’ellesne coûtassent grands frais ni au prince ni aux asses-seurs. Mais nos princes français (tant bons et bienfai-sans qu’ils aient été), n’ont rien vu ni rien fait de toutcela; ains, au contraire, ont-ils semblé vouloir tou-