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Tome premier.
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Quel nom et sens tlonnera-t-on à l’acte passé à Paris le premier Janvier i5:g, ratifié et confirmé le dou-zième du dit mois, avec toutes les formes requises etusagées en France , par lequel acte la princesse Jehannecède et abandonne à ses trois fils, Claude, Louis etFrançois, tous ses biens, spécialement le comté deNeuchâtel , alors sous la main des cantons; par lequelacte, Y indivisibilité constitutive et immémoriale du ditcomté se trouvait rudement atteinte et compromise ?Qui n’aurait cru après un tel acte, qu’alors que lescantons rendirent le comté à Jehanne en i5ag, lesprinces ses fils l’auraient gouverné comme à eux remiset abandonné par leur mère? Point du tout : la prin-cesse reprit le gouvernail, sous le prétexte que lesligues avaient rendu le comté à elle personnellement,tellement qu’elle ne cessa de faire à sa tête, ou plutôtà celle de ses mignons, vendant, aliénant et gâtant tout.

Comment expliquer ce qui va suivre? Jehanne te-nait les rênes, et voici François d’Orléans le cadet deses fils, connu sous le nom de marquis de Rothelin,qui arrive à Neuchâtel l’an i53i , qui prête sermentaux bourgeois le 6 Avril et reçoit le leur, tant en sonnom qu’en celui de Louis d’Orléans son frère aîné,( Claude l’aîné des trois étant mort l’an 1 5^4 sans pos-térité), confirme les franchises, en accorde de nouvel-les, ordonne et agit par tout le pays en souverain;toutefois pouvait-il au plus se croire co-souverain envertu de l’acte ci-dessus de i5ig, vu que son frèreLouis était l’aîné. Or cette co-souveraineté prétendueaurait déjà été incompatible avec la nature seigneurialedu comté, en ce qu’elle attaquait l’indivisibilité cons-

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