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Tome premier.
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conduite, l’imbécille Jehanne remit à Claude Colier,un blanc signé, daté du Chastel-d’Epoisses, le no-vembre i 542 , que le drôle remplit à sa guise, en formede plein pouvoir illimité, pour vendre et aliéner aunom de la princesse. Colier se rendit tout d’abord àValangin , et stipula le 3o novembre avec François de-Martines, maître d’hôtel du comte Réné, que moyen-nant mille francs, forte monnaie de France , le seigneurde Valangin serait allibéré de fief et d’hommage et dé-claré souverain du dit Valangin : de plus il lui venditla mairie de Boudevilliers pour la somme de mille francs,desquels se déduiraient les six mille ci-dessus, prêtésa Jehanne, le i5 septembre i54o.

Ainsi en bon train de faire trafic, sans doute à sonprofit tout premièrement, le dit Colier courut à Fri-bourg au printemps de l’an suivant i543, et en vertude son prétendu plein pouvoir offrit à ce canton de luivendre le comté de Neuchâtel au nom de la princesse.Les Fribourgeois ne demandaient pas mieux, et trou-vèrent convenable d’envoyer un des leurs à Berne ,pour y proposer de faire ledit achat en communion.Le gouverneur George de Rive et Claude Baillodz, châ-telain du Vaux-Travers, informés des manigances deColier, étaient allés à Berne sur la fin d’avril, pour yprendre conseil au regard des dites méchantes prati-ques; si bien que Berne répondit aux Fribourgeoisqu’il ne fallait écouter Colier dont la personne et lecréditif étaient également suspects, vu qu’il offrait d’a-liéner ce qui était inaliénable de sa nature, et que parla remise du comté faite à Jehanne, il n’y avait que qua-torze ans, les onze cantons avaient promis de le ga-