Band 
Tome premier.
Seite
107
JPEG-Download
 

— 107

Merveilleux se dépêcha-t-il de foire sa dernière fournéebonne, vu que la princesse était malade et proche desa fin survenue le mois suivant. Le chanoine JacquesBaillodz, sous les yeux duquel toutes ces choses sepassèrent, nous apprend que c’était par le moyen despaires de gants dont certains mignons ou secrétairesde Jehanne étaient fort avides, que les ministraux etplusieurs notables obtinrent tant de faveurs de la bonnedame Jehanne. Le dit chanoine ne dissimule pas queson neveu Claude Baillodz, châtelain du Vaux-Tra-vers, connaissait bien ce moyen et en fit son profit,ainsi que Jehan Merveilleux, Pierre Vallier, BiaiseIlory, Jean-Jacques Bourgeois, Benoit Chambrier, Je-han Jaquemet, Jehan Barellier, François Clerc ditGuy, Biaise Rosselet. Quant à Jehan Merveilleux, ilest juste de dire que les dons et faveurs considérablesqu’il reçut de Jehanne ne furent que légitimes récom-penses, ayant grandement servi l’état, singulièrementau recouvrement du comté.

A la mort de Jehanne en septembre 1 5 /^ 5 , son petit-fils, François d’Orléans, âgé de huitans, fils de Louis,mort en i536, succéda au comté. Ce fut un insignebonheur que son oncle François, marquis de Rothelin,ne prétendit pas au comté, ou tout au moins à la co-souveraineté, en vertu de la donation entre vifs de i5ig,et des actes de souveraineté que le dit marquis avaitfaits en i55i, sans nulle opposition, voire par sermensréciproques prêtés et reçu s. Sans doute, la bonne pro-vidence leur inspira déjà au printemps, alors des par-tages, que par la nature seigneuriale de cetétat,, l’ordrede fo succession appelait la ligne et non le degré.