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Tome premier.
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Le petit François eut pour tuteur le duc de Guise,son grand père maternel, et le cardinal de Lorraineson oncle, qui demandèrent et obtinrent par leur pro-cureur, Jehan de Beauquerre, la mise en possessionet investiture de la souveraineté pour leur pupille, le 5Décembre i543, par devant les audiences généralespour ce assemblées, lesquelles reconnurent les tuteurs :tout se fit en bonne et due règle. Mais je trouve uneprocuration du 8 Novembre remise au seigneur deMon tôt, envoyé pour ce fait par l’oncle François, mar-quis de Rothelin, dans laquelle procuration ledit mar-quis parle et agit en souverain, ordonnant en son privénom au dit de Montot, à George de Rive, gouver-neur et à ceux de la régence, de travailler tout d’abordà invalider les aliénations de défunte dame Jehanne, >spécialement les méchantes oeuvres de Colier à Valan-gin et à Fribourg, etc. Rien ne pouve mieux ce quej’ai dit plus haut de la faiblesse et indolence de Georgede Rive, que sa soumission aux ordres du marquisde Rothelin, et sa complaisance pour les agissions del’envoyé. On dirait que ni le gouverneur, ni le conseil-d’état ne songèrent pas seulement à l’une des plus im-portantes et fondamentales règles de la constitution,j’entends l’ordre de la succession, et qu’après avoirlaissé si longtems Jehanne faire à sa tête et tout gâter,sans dire un mot, ils ne savaient autre qu’obéir au pre-mier qui les commandait. En quelle qualité le mar-quis de Rothelin ordonnait-il de cette sorte? On lecomprend d’autant moins, que trois semaines après,voici les vrais tuteurs du légitime souverain, qui seprésentèrent et firent ce qu’ils devaient faire pour avoirdroit d’ordonner en son nom.