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Il me semble que j’ai parlé en plus d’un lieu avecplaintes et chagrins des principaux du pays, qui sem-blaient avoir perdu mouvement et vie pendant le dé-sordonné règne de Jehanne : par équité je dois remar-quer aussi, que les audiences générales assemblées le24 Mai 1547, se réveillèrent enfin de leur long som-meil. Les anciens nobles, (entre lesquels se distinguè-rent Lancelot de Neuchâtel et Claude de Vaux-Travers,dit du Terraux,) firent de sages et fortes remontran-ces au regard des grands abus introduits au détrimentdes constitutions de l’état, déplorant les atteintes por-tées à l’ordre public, et réclamant l’intègre observa-tion des anciennes règles. Ils entrèrent dans un détailsi bien pensé, si bien dit, que toute cette doctrine cons-titutive aurait mérité d’être gravée en lettres d’or surmarbre : et suis étonné que le secrétaire n’en ait couchésur les régistres qu’une faible partie comparée à lapièce entière, qui fut remise ensuite par écrit à Georgede Rive, président de l’assemblée, pour la faire par-venir aux tuteurs du jeune prince ; la dite pièce est àTrje, où j’en ai pris copie.
On ne saurait mieux faire voir combien les mino-rités sont à craindre, à cause du mauvais gouverne-ment qu’elles occasionnent le plus souvent, qu’en ci-tant la proposition faite aux ministraux en 1 55 o, parles tuteurs du jeune prince François, dont la débilesanté annonçait le prochain décès. On a déjà vu quelspauvres tuteurs furent ces Lorrains , quand j’ai parlédu procès pour la succession de Châlons -Orange. Leduc de Guise, peu touché des excellentes remontrancesa lui adressées par les audiences générales de 1647?