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Tome premier.
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les bonnes gens pensaient à mettre de la règle, là oùils ne mettaient que désordre : aussi ne tardèrent-ilspas à sentir leur grosse bévue, qui leur donna assezde peine dans la suite, quand ils voulurent redresserce qu’ils avaient courbé si maladroitement. Vrai dedire qu’ils eurent à faire à un fin renard, Pierre deMenthon, ambassadeur de Jaques de Savoie; par adroi-tes menées il sut enjôler George de Rive et les princi-paux vassaux, et captiver par promesses ou autrementquelques uns des officiers et du Tiers-Etat, ainsi quecela se voit dans les papiers que je me suis procurésd’Annecy , contenant les informations fort curieusesenvoyées par le dit de Menthon aux gens tenant leconseil de son maître.

D’autre part, la reine d’Ecosse poursuivait toujoursses prétentions, non ici mais en France ; et il faut direqu’à cette fois on vit un trait de droite raison sortird’une tête de par là. Jaqueline de Rohan comme cu-ratrice se voyant ajournée au parlement de Paris par lareine d’Ecosse, répondit que Neuchâtel en Suisse n’é-tait pas du ressort des tribunaux de France , et quec’était à Neuchâtel en Suisse qu’il fallait procéder; elleenvoya une ambassade à Berne pour solliciter ce cantonà interposer ses bons offices, afin d’engager le roi Henri II à ordonner que la difficulté fût renvoyée par devantle juge naturel à Neuchâtel. Berne écrivit fortement;le roi répondit en adhérant de tous points à la réqui-sition ; en telle sorte que le parlement de Paris envoyalui-même les parties à plaider à Neuchâtel . Ceci sepassa ès années i55a et i555. La dite reine d’Ecossese présenta par ambassadeurs aux audiences-générales,

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