Band 
Tome premier.
Seite
116
JPEG-Download
 

— 11G —

elle vendit aux ministraux l’abbaye de Fontaine-Andréet le prieuré du Vaux-Travers avec tous droits et ap-partenances, pour la somme de 252^5 écus d’or de46 sols tournois la pièce, toutefois sous bénéf ice de réa-chat perpétuel aussi long-temps que le comté resteraitentre les mains de son fils ou de sa fille, soit de leursdescendans. Il faut noter que ces aliénations criantesétaient précisément les mêmes faites naguères par Je-banne, et qu’on avait eu assez de peine d’annuler,sans que cet exemple de fraîche date servît à quelquechose. Une telle récidive ne semble pas croyable; nosgens un peu réveillés tout-à-1'heure s’étaient de rechefendormis. Ainsi donc sous la curatelle de Jacqueline,l’administration ne se trouva pas en meilleures mainsque sous Jehanne. Mêmes dissipations, gaspillages etmauvais train ; mêmes maîtres et mêmes serviteurs quidécousaient à force ce qu’on avait eu tant de peine àcoudre pendant plusieurs siècles.

Il ne faut s’étonner que de pareilles têtes aient souf-fert, sans dire un seul mot, une large brèche faitepubliquement à la prérogative du prince, par l’outre-cuidance de Réné de Challant, seigneur de Valangin ,qui osa faire protester à l’assemblée des audiences gé-nérales le 3 juillet i55g, pour la conservation de sonprétendu droit de souveraineté et d’indépendance, envertu de la convention stipulée avec Colier l’an 1542 .Ce premier pas, fait sans aucune opposition, ne man-qua pas d’encourager ce vassal à pousser sa pointesans garder de mesure ; au point que prenant ouver-tement le titre et les attributs de souverain, il fît con-voquer de par lui les audiences générales à Valangin