— 131 —
comte de Montbéliard , et celui-ci offrit en conséquenced’acquitter les dites sommes, et de tenir le dit fief deValangin à foi et hommage. La princesse qni préfé-rait, comme de raison, de garder le dit fief, envoya desinstructions à son ambassadeur Mango, desquelles ins-tructions j’ai vu la minute originale de la main de Mariede Bourbon , dans un livre-agenda où cette princesseavait coutume d’écrire tout ce qu’elle faisait et ordon-nait au regard de ce pays. Les dites instructions indi-quaient une bonne tête; j’y remarquai avec étonne-ment et plaisir combien la régente voyait et saisissaitdu bon côté la vraie forme politique de ce petit état,tenant pour maxime cardinale de gouvernement, quece pays ressortissait politiquement de la Suisse en la-quelle se trouvait sa sauve-garde et sûreté; partant, elleordonnait à Mango de se rendre à Berne pour engagerce canton, et par son canal les trois autres alliés, àmettre en négociation cette .affaire. Les instructions in-sistaient sur ces deux points à représenter aux cantons,l’un de droit, en ce que le fief de Valangin étant ré-versible au souverain et partant inaliénable, la venteque les héritiers de Réné avaient faite de leurs droitsétait nulle par la nature du fief; l’autre de politique, ence qu’il y aurait péril qu’un vassal aussi puissant quele prince de Wirtcmberg, ne renouvelât les noises etquerelles suscitées par Claude d’Arberg, et en dernierlieu par Réné de Challant , par quoi serait troubléesans cesse la tranquillité du comté, ensemble celle desseigneurs des ligues nos chers alliés. La princesse con-cluait à ce qu’il fût négocié un traité final, par lequelles cantons régleraient la somme qu’elle devrait payer
9 *