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Gonzague sa veuve, mère du jeune prince Henri II enbas âge, fût reconnue tutrice de son dit fds et régentedurant sa minorité, conformément à l’usage observéchez nous, de toute ancienneté, ainsi que je l’ai suffi-samment prouvé dans mon écrit de 1664? sauf à ladite Catherine de Gonzague de laisser régenter de faitsa belle-mère par déférence, soit pour raison de salongue expérience et grande habileté. Certain est-ilque, sur tous ces points, de capitale importance en unétat comme celui-ci, il ne paraît pas que nos gensd’alors aient donné la moindre attention, en quoi onne peut nullement les excuser, ayant si bon sujet deparler et de remontrer; mais il faut dire que les au-diences-générales, lesquelles pouvaient mieux dire etplus fortement que le conseil d’état, ne furent pas con-voquées pendant plus de vingt ans, par où se relâ-chaient les ressorts mainteneurs de la constitution : carles corps politiques ressemblent au corps humain le-quel s’énerve par l’inaction. Or, on ne m’ôtera pas dela tête que Marie de Bourbon se plaisant à gouverner,craignit de se voir arrêter dans la continuation illé-gale de sa régence, et que cet amour de l’autorité (bienplus que les petites raisons h elle suggérées par lesgouverneurs et par ses ambassadeurs, ainsi que je lesai déduites ci-dessus) fut la principale cause qui en-gagea la princesse à délaisser misérablement et si long-temps les audiences. Car si l’homme recherche l’au-torité, la conserve et l’augmente tant qu’il peut, lafemme, je crois, ne l’aime pas moins, voire un peuplus. Quoiqu’il en soit des raisons qui murent cettedame, certain est - il que cette partie de son adminis-