— 155 —
tout ce qui peut servir à faire connaître le mode sei-gneurial de ce petit état. Nous ne pouvons mieux voirce qu’il est maintenant que par l’examen de ce qu’il aété successivement, en considérant certains faits et cer-taines occurrences qui aident à découvrir l’esprit de lachose.
Pour ne pas couper ce que je viens de dire, j’ai ren-voyé d’observer qu’au milie u du chamaillis suscité parCatherine de Gonzague, alors quelle vint à Neuchâtel avec le prince son fils, les audiences-générales triste-ment délaissées depuis plus de 40 ans, furent enfin con-voquées le 2 février 1618. Cette longue interruptionavait comme engourdi le zèle et l’esprit qui animaientautrefois ces respectables assemblées; car on pouvaits’attendr eque les vassaux surtout feraient beau bruitsur ce long espace de temps écoulé depuis la dernièreconvocation; mais il n’en fut parlé que faiblement, vuque les vassaux n’étaient plus si curieux de ces assem-blées, depuis que le faste avec lequel ils étaient venusoccuper leurs sièges aux dernières audiences, leur avaitoccasionnédes dépenses ruineuses. D’autre part, le tiers-état croyant que cette assemblée n’avait lieu qu’au su-jet des démêlés du prince avec la vi'tle, débuta parprotester contre tout ce qui pourrait se traiter à cetégard, vu, ajoutèrent les bourgeois, que le prince pré-sidait aux audiences sans avoir encore prêté le sermentde souverain. Dans une telle disposition, il ne faut s’é-tonner de la résolution qui fut prise et arrêtée, qu’àl’avenir les audiences-générales seraient convoquées de10 ans en 10 ans, non plus tard, voire plus tôt, si cer-taines occurrences l’exigaicnt, et ce pour l<;s matières