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Le bon prince Henri mourut’ le 11 mai 1 665 , amè-rement pleuré de tous les Neuchâtelois. Jean LouisCharles d’Orléans , son fds aîné, lui succéda sous lacuratelle d’Anne Geneviève de Bourbon sa mère, con-nue dans l’histoire sous le nom de madame de Longue-ville et appelée par plusieurs la belle-duchesse. Cetteprincesse ouvrit sa régence en adressant à la seigneuriedes questions importantes de droit public auxquelleson devait répondre, afin, disait-elle, qu’en s’instrui-sant de ses devoirs, elle pût mieux les remplir. Commej’ai répondu le 16 février 1664 à ces questions par unécrit assez connu, je ne dois en parler ici. La prin-cesse adressa dans le même temps une lettre à la villede Neuchâtel , qui indiquait bien la trempe de soncœur et de son esprit.
Il ne faut omettre d’observer ici une chose de pe-tite valeur en elle-même, mais fort importante, en cequ’elle démontre que la réformation n’a pas réforméchez nous les vues ambitieuses des gens d’église quine manqueront de s’élever bien haut, si la seigneurien’a pas l’œil sur eux. La compagnie de nos pasteurs atout aussi bonne envie d’étendre ses prérogatives quele clergé romain; même esprit d’indépendance et dedomination ; la soif de l’autorité semble être une ma-ladie attachée à cette robe, en toute secte. On en vitun exemple scandaleux en ce pays l’an 1 665 . Diversabus avaient occasionné une contestation entre la sei-gneurie et la compagnie des pasteurs, au sujet de lanomination aux cures : la question soumise en 1657aux trois-états (fort mal à propos, vu que la seigneurieavait suffisante autorité pour ces choses), les dits états