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Tome premier.
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avaient prononcé que la compagnie des pasteurs seraittenue, à la vacance d’une cure, de présenter deux su-jets à la seigneurie, pour qu’elle en choisît un. Au mé-pris de cette ordonnance souveraine, les pasteurs ré-solurent de recommencer, de leur propre autorité, àn’en présenter qu’un, c’est-à-dire celui qu’ils auraientchoisi eux-mêmes. La seigneurie justement choquéede cette irrévérence, refusa de confirmer ; les pasteurss’obstinèrent -, et le peuple échauffé par eux, selon l’u-sage de tous les temps, prit leur parti et reçut despasteurs non confirmés et malgré l’opposition de laseigneurie, ce qui occasionna des faits et dits scan-daleux: ce quej’aicru devoir rapporter en passant, àcause de l’atteinte publique portée sans pudeur à cellede nos formes constitutives la plus essentielle à con-server dans toute son intégrité, j’entends l’irrévocabi-lité des sentences souveraines des trois-états. Il est,certes, honteux que les ministres de paix, appelés parla doctrine de leur maître à prêcher la soumission auxpuissances supérieures, ne le fassent que des lèvres,et donnent ensuite l’exemple de la licence et de la ré-bellion. On ne doit s’étonner de l’irritation que je ma-nifeste en ce rencontre, vu ma haine contre tout genred’usurpation, et singulièrement à cause qu’il est into-lérable de voir les ministres d’un évangile qui ne res-pire qu’ordre, paix et humilité, se montrer audacieuxet brouillons pour parvenir à leurs mondaines fins, audétriment de la vraie religion et des lois de l’état. Cene fut pas ma faute si la seigneurie faiblit alors, et sile ministre David Girard enjôla dans la suite madamela princesse qui ne sut refuser à cet enchanteur ai-