— 176 —
mairie et adroit, beau et bien disant personnage, l’oc-troi qu’il alla solliciter à ce sujet en 1670.
Ce que je viens de dire me conduit tout droit à uneobservation par voie de conséquence : une forme sei-gneuriale mixte, telle que la nôtre, ne saurait faire pirebesogne que d’entreprendre ce qu’elle n’a pouvoir oucourage d’amener à bien ; quand on ne tient qu’un fil,on ne doit vouloir le tendre comme une corde ; sansquoi il rompt, et alors qu’on l’a renoué comme on apu, il fait pauvre figure. Dans l’affaire des ministres,ci-dessus rapportée, pourquoi faire parler les états, sila seigneurie qui a la puissance exécutive, n’était pasrésolue de faire respecter leur décret ? Ne valait-il pasmieux tout simplement saisir le temporel à tout curéreçu sans le choix de la seigneurie? Par ce moyen lé-gal on aurait bientôt coupé court à cette outrecuidance,sans le secours des états qu’on n’employa que par fai-blesse; j’eus beau dire, on ne voulut m’écouter. Il enavait été de même en 1661 avec certain réglement somp-tuaire, si rigoureux qu’on ne put le soutenir. De mêmeencore en arriva-t-il avec la folle équipée du gouver-neur d’Affry en 1672, qui entreprit contre les termesde la franchise de mettre en régale le sel dans la ville,et d’empêcher les bourgeois d’en vendre ; chacun saitpour l’avoir vu que ceux-ci justement irrités montaientdéjà au château pour se faire justice du gouverneur etde deux quidams du conseil d’état, ses cliens en cettebesogne, laquelle il fallut bien vite abandonner en re-connaissant le droit des bourgeois sans si ni car. Onne peut assez dire combien on nuit à la prérogativeseigneuriale, dans l’opinion publique, par des entre-