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Tome premier.
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prises manquées : il n’est plus sûr moyen de perdredu terrain ou bien d'en gagner. On peut dire la mêmechose d’une pratique souvent usitée chez nous et pro-venant du même esprit ; on va tâtant du bout du doigt,comme si la seigneurie craignait d’avoir une volonté,ainsi qu’on l’a toujours fait avec les gens de Valangin ,spécialement en 1628, au regard du tiers-état. J’es-time qu’il vaut beaucoup mieux ne rien faire, que defaire trop ou trop peu.

Le roi Louis XIV ayant envahi la France -Comtéen 1668, certains cantons suisses mirent en délibé-ration s’il ne convenait pas de mettre la main sur cepays, pour d’autant mieux le garantir et protéger eneette occurrence : le canton d’Uri qui croit avoir desdroits sur le comté, parce qu’il protesta contre la re-mise de 1 5 ag, trouvait fort nécessaire de s’en assurer,disant que le roi de France, maître de la Franche-Comté ,ne manquerait un jour ou l’autre de l’être aussi deNeuchâtel , vu que le duc d’Orléans, son sujet naturel,n’aurait ni le pouvoir ni la volonté de s’opposer à teléchange ou marché qu’il plairait au roi de dicter, cequi ôterait du circuit de la Suisse un pays qu’il con-vient de conserver en dedans de ses limites. Mais lesprincipaux cantons ne voulurent y entendre, disantque Neuchâtel étant de fait et de droit un état membredu louable corps helvétique , et spécialement reconnupour tel par le roi et la couronne de France , il nepouvait être distrait de l’enclave de la Suisse et an-nexé àla Franche-Comté , sans rompre l’alliance et paixperpétuelle entre les deux nations, d’autant que lescantons ne se dessaisirent en 1029 du comté qu’en

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