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ayant travaillé un mémoire avec déduction de droitset fondemens de prétentions à cette souveraineté enfaveur du dit prince d’Orange, parvenu depuis lors autrône de la Grande-Bretagne, sous le nom de Guil-laume III , lequel plan et mémoire (sinon inexpu-gnable, du moins assez spécieux) je lui ai fait pré-senter par mes fils qui servent les états-généraux. Aprèsle plus gracieux accueil fait au dit mémoire, et certainséclaircissemens demandés, auxquels je n’ai manquéde répondre, le roi Guillaume s’est déterminé à faireusage de cette idée au traité conclu naguère à Ryswich,dans un appendice du 8 novembre 1697, par lequelce monarque déclare à toute l’Europe ses droits sur lasouveraineté de Neuchâtel en Suisse, lesquels droits Urenvoie à faire valoir après le décès de M me de Ne-mours , afin de ne pas retarder la paix et le bonheurde l’Europe . Certes, il me semble encore que cette af-faire est un pur songe; toutefois plus je rumine à cettetournure non attendue, plus je me persuade avec joieet satisfaction que tous les vrais et sages enfans de lapatrie ne me blâmeront, ains me sauront gré d’avoiramené sur les rangs un tel prétendant, quand bienon aura quelques raisons de croire que j’ai eu princi-palement en tête de faire pièce à la princesse de pré-sent et à son cher et bien-aimé le chevalier de Sois-sons; ce que je ne veux dénier; car je sais mieux quepersonne que la vindication et autres passions, nondes plus louables, dirigent souvent nos faits et dits ànotre insçu. Toutefois en ce rencontre je puis protesterde la loyauté de mes motifs, persuadé que le roi Guil-laume ou l’un de ses héritiers Nassau ou Brandebourg