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fois et long-temps en usage chez nous, et le titre de co-seigneur, (nobiscum dominus ), que l’évêque Roger s’a-. visa de prendre dans un acte conservé à Berne . Déplus,les dits évêques possédaient en ce comté quelques terreset certains droits en dixmes, cens et autres redevancesque nos comtes tenaient d’eux en fief. Et, bien que cesarticles de vassalité ne fussent pas chose considérable,toutefois il n’y avait à badiner avec tels supérieurs quimenaçaient d’interdit, etle lançaient sans grande forme,ainsi que l’éprouvèrent quelques-uns de nos comtes,chose alors plus redoutée que tous les fléaux du ciel.Quand et comment les dits évêques acquirent ces droits,par donation et usurpation, c’est ce que je ne sais en-core assez clairement. On m’avait promis là-dessus debons éclaircissemens tirés des cartulaires de l’évêché deLausanne , mais rien n’est venu. Probable est-il qu’ilen a été de l’origine de ces droits que le prélat avaiten ce pays comme de ceux de la plupart des princesecclésiastiques d’aujourd’hui, à commencer par celuide Rome : possession monstrueuse, droits énormes etscandaleux qui viennent on ne sait d’où, et qui sontencore là on ne sait comme.
Quoiqu’il en soit, les comtes de Neuchâtel étaientoriginairement seigneurs d’un pays assez étendu : leslimites de leur héritage, la nature de leur vassalité,leurs rangs plus ou moins élevés, selon diverses occur-rences, sont autant d’articles déjà traités au livre pré-cédent. Mais il ne faut pas croire que leur pays fûtpeuplé et cultivé aux 11 e , 12 e et i 3 ° siècles, commenous le voyons maintenant. Je parle du comté d’au-jourd’hui, car toute cette belle et grande partie de Filé-