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les pères sages font prospérer leur famille. Mais ceshabitans du pays, ces sujets des anciens comtes de Neu-châtel , qu’étaient-ils? De quel sort, de quelle conditionet qualité jouissaient-ils au regard de leur seigneur ?
Originairement il y avait en ce pays deux sortes desujets, les uns libres et les autres serfs; la premièreclasse comprenait, outre les féotiers, les hommes royésou royaux, qui étaient les gens de guerre toujours dé-voués et prêts à courir aux armes : retirés chez euxou en quelque autre lieu du domaine du seigneurpendant la paix, jouissant de divers avantages plus oumoins étendus, ils étaient réputés hommes libres, etleurs possessions, car ils pouvaient posséder, étaientexemptes de certaines charges ; mais ils étaient obligésde marcher en guerre au premier et moindre signe.Telle est la véritable origine de nos nobles du tout vieuxtemps ; car il est à remarquer qu’en ces siècles reculésoù l’on était bien éloigné de penser à fabriquer desnobles sur parchemin ou papier, il n’y avait que lesservices en guerre qui procurassent la qualité et con-dition d’homme libre et capable de posséder, deuxchoses qui constituaient alors la grande distinction decette première classe de sujets qu’on nomma dans lasuite les nobles. Or, la plupart des terres et possessionsaccordées à ces hommes royés ou libres, étaient pro-prement des fiefs, qu’ils tenaient à charge de certainsdevoirs, et singulièrement du service militaire, en tellesorte que c’était la personne de ces hommes royaux quianoblissait leurs possessions devenues fiefs nobles pareux, en vertu de leur condition d’hommes libres, la-