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Tome second.
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quelle condition leur était acquise par les armes. Celaest si vrai, que quelques-uns de nos anciens comtesaccensèrent, voire remirent à titre de fiefs des terres etdes censives à des hommes non royaux ou roturiers, etque leur personne, non plus que les dits fiefs ne devin-rent nobles pour tout cela. Par ainsi donc c’était la condi-tion de l’homme, c’est-à-dire sa profession militaire et sesservices en guerre, qui imprimaient la distinction deliberté et de noblesse sur sa personne et sur ses biens :à quoi on a suppléé dans ces derniers siècles par le capou lettres de capacité , autrement dites d’anoblisse-ment, quand nos comtes ont cru être suffisammenthors de page, et en droit d’agir en souverains. On peutvoir cette matière plus amplement déduite dans mesrecherches sur la noblesse de ce pays.

Dans cette première classe des sujets qui comprenaitles hommes libres, on peut ranger, car il ne vaut pasla peine d’en faire classe à part, les moines et autresgens d’église qui surent toujours assez se tirer d’aflàire,partant posséder librement et se procurer le meilleur,voire étendre leurs immunités et prétendus droits, àtel point que d’usurpations en usurpations ils s’affran-chirent de toutes charges, et furent par le fait pluslibres que les hommes royés.

La seconde classe des sujets embrassait le restedes habitans, tous mortaillables dans l’origine, maisdont les conditions serviles, attachées soit à leurs per-sonnes, soit à leurs terres, étaient plus ou moins pe-santes, selon les familles, le lieu de leur demeureet autres circonstances, comme on peut le voir dans