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Tome second.
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le mémoire que j’envoyai k feu S. A. S. en 1668,et qui contient avec le triste tableau de la primitiveservitude, le réjouissant spectacle des affranchissemenssuccessifs par lesquels les habitans de ce pays, de serfsattachés à la glèbe qu’ils étaient pour la plupart, sontdevenus libres, francs et heureux.

Toutefois, comme ces affranchissemens ne furentaccordés ni également, ni k tous les sujets k la fois,vu l’inégalité de leur servitude primitive, les uns setrouvant plus chargés que les autres, il en résulta unetroisième classe de laquelle la multitude d’abord sé-parée, se rapprocha plus ou moins dans la suite; jeveux parler des habitans des bourgs, qui les premiersacquirent de grands et beaux privilèges, en tel pointque la qualité des bourgeois de Neuchâtel était en grandrelief dans le pays, presqu’k l’égal de celle d’hommeroyé, tant au regard de la liberté qu’a cause du droitd’armes et de bandière. Telle fut l’origine communedes droits municipaux des villes en Suisse , ce qu’onnommait droit de bourg ou de bourgeoisie , alors engrand honneur. Dans la suite, k l’exemple de la villede Neuchâtel , le bourg de Neureux, celui de Eoudry,comme aussi la plupart des communes de la campagne,obtinrent successivement de la sagesse et grande habi-leté de nos comtes des privilèges et affranchissemensplus ou moins étendus; et les seigneurs de Valangin ,premiers vassaux des comtes de Neuchâtel , furent as-sez sages pour en user de la même manière, tant enleur bourg qu’à la campagne. Ainsi prit naissance ets’accrut la florissante prospérité de ce petit pays., sur