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chanoines et justiciers bourgeois, ce qui donna lieuau i5 e siècle déjà, de former un tribunal supérieur etsuprême auquel il fut libre d’en appeler, qu’on nommad’abord grands plaids ou plaids de mai, ensuitegrands jours, audiences générales et quelquefois t rois-états , laquelle dernière dénomination il ne faut pasconfondre avec le tribunal d’aujourd’hui ci-après men-tionné. Et, bien que le mode primitif de cet ancientribunal suprême ne nous soit pas connu, on sait dumoins que là siégèrent : i° le prévôt du chapitre avecles chanoines gradués ; 2 ° les principaux vassaux; 3° desjusticiers et conseillers bourgeois de Neuchâtel , for-mant ainsi les trois ordres du clergé, de la noblesseet du tiers-état, toutefois avec cette différence entre lestrois ordres que celui de la noblesse y était le plus nom-breux. Dans les commencemens, les comtes de Neu-châtel présidèrent en personne au susdit tribunal su-prême , et comme en ces assemblées il fut tout d’abordpratiqué defairedesremontrances au seigneur comte surtel ou tel abus à corriger, ou tel autre objet d’utilitépublique, par là prirent naissance les anciennes or-donnances et décrétales, origine de notre législationactuelle. Mais l’assemblée de ce tribunal n’étant pasfixe, et sa convocation qui dépendait de la volonté duseigneur, n’étant assez fréquente, les affaires liti-gieuses en appel restaient sursises, ce qui donna lieuau 1 5 e siècle à former un tribunal intermédiaire com-posé de quatre chanoines, quatre vassaux et quatrebourgeois, qu’on nomma les trois-états ou plaid demai proprement dits, parce que ce tribunal devait s’as-sembler chaque année durant ce mois, d’abord avec