gneur dominant est appelé monseigneur, et que le vas-sal tenant fief servant est appelé monsieur. C’est ce quenous voyons en plusieurs actes de ce pays, qui disentmonsieur de Yalangin, monsieur de Rochefort, de Co-lombier, etc., en même temps que le syre comte de Neu-châtel est titré de monseignour, monseigneur, et enfinde monseigneur et d’excellence. Le titre de sieur étaitsi bien la qualification des vassaux-liges, qu’encore au-jourd’hui plusieurs anciens nobles de Bourgogne , d’Au-vergne et de Dauphiné affectent de se dire sieurs dela terre dont ils tirent leurs noms. Certes, les chosesont bien changé ici comme ailleurs; aujourd’hui onappelle monsieur tout homme qui a de l’argent, etsieur celui qui n’en a guères. On dit qu’en Espagne et en Italie les titres de seigneur et d’excellence sontcommuns aux grands et aux petits.
Par domicellus (en langage roman domizel, damoi-seau et enfin domzel), on entendait autrefois un sei-gneur féotier ou vassal quelconque; c’était le titre quiexprimait sa vassalité et relevance au regard du sei-gneur dominant, dominus; en telle sorte qu’un grandseigneur féotier du premier ou secondrangétait domicel-lus au regard de son seigneur dominant, dominus, et setrouvait en même temps, lui aussi, dominus au regarddes féotier s et vassaux qui, relevant de lui, étaient sesdomicelli. Par ainsi on ne doit s’étonner qu’en l’actepassé en 1218 entre Ulrich de Neuchâtel, coseigneuret administrateur du comté en la minorité de son ne-veu Berthold I er d’une part, et Gérard de Vienne, ba-ron de Grandson, d’autre part, par lequel acte le régentéchangea tant habilement, pour d’autant mieux ar-