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Tome second.
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qu’un féotier en était requis par le haut baron notrecomte, il conduisait en guerre tous les hommes royauxde son district, et alors ceux-ci, suivant les occurrenceset selon l’ordre qu’ils en recevaient, choisissaient par-mi les jeunes serfs du district un ou plusieurs jeuneshommes robustes qui les suivaient en guerre; et, sousla dénomination de villains, ils étaient employés auxtravaux pénibles et serviles, parfois aussi à guerroyerdans le besoin, mais avec armure et charge non pa-reilles à celle des hommes royaux, réputés les seulsvrais gens d’armes. Le mot villain ne signifiait autrechose que l’habitant serf d’un village ou hameau ; cardans notre petite Bourgogne ou Suisse romane , ondistinguait par le nom de bourgs les lieux considérablesenceints de murailles et jouissant de certains droits decité, et par le nom de ville ce que nous nommons au-jourd’hui village. Ainsi le mot villain était autrefoisà ville ce que le mot villageois est à cette heure à vil-lage. Il ne faut donc s’étonner si les rois de Bour-gogne et les empereurs allemands, leurs successeurs,eurent tant de soin de se réserver les hommes royaux,lorsqu’ils concédèrent des fiefs aux seigneurs du pre-mier rang, les hauts barons, et si ceux-ci se réser-vaient semblables devoirs de leurs féotiers où petits ba-rons relevant d’eux, vu qu’il n’y avait alors nulle autresoldatesque, nulle autre armée, et qu’elle ne coûtaitni solde ni entretien. Car tant les hauts que les petitsbarons, tant les hommes royaux que les villains, vi-vaient aux dépens de la pauvre contrée en laquelle ilsse trouvaient, amis ou ennemis. Partant, et ensuitedes dits devoirs féodaux, il résultait que tout haut baron

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