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Tome second.
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Et, quand bien je ne suis homme de guerre, n’ayantoncques touché aux armes sinon ès bordes et jeuxd’arbalète ou mousquet, je ne puis quitter cette ma-tière sans remarquer avec chagrin, comme ancien ser-viteur grandement attaché au bien de l’état, que la mi-lice ci-devant gouvernée et entretenue dans ce paysaussi soigneusement qu’en tous autres lieux delà Suisse ,est bien déchue depuis la mort de S. A. S. Mgr. leprince Henri II notre tant bon souverain, tellementque c’est pitié de voir ces compagnies, naguères sibelles, comme à l’abandon à cette heure. Plus d’assisesni de conseil de guerre, plus de tournées d’intendansde la milice : et ce mauvais exemple conduit les châte-lains et maires, capitaines des vieilles bandes, à neplus les parassembler pour faire exercices et jeux debatailles. Et si certains capitaines des nouvelles com-pagnies ont encore un peu de coeur à l’ouvrage, la né-gligence et paresse de ceux-là rendra bientôt ceux-cisemblables, et finalement il n’y aura plus dans l’étatni bonnes armes, ni gens capables de s’en servir aubesoin. Toutefois la milice est, à mon avis, un articlebien important chez nous, soit en politique externe,soit en politique interne, ainsi que je l’ai déjà dit etreprésenté plusieurs fois durant les dernières annéesque j’ai assisté en conseil.

En politique externe, il est facile de comprendre pre-mièrement qu’il nous convient de penser et agir sanscesse, autant qu’il nous est possible, ainsi et commeles autres états de la Suisse , dans toutes les choses quisont usages et coutumes de nation, afin de tant mieuxnous montrer dignes d’être toujours regardés comme