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à lui baillées par le duc recteur Berthold V, son oncle,et en faire hommage au palatin, il est frappé de laprospérité de la ville de Besançon . Il questionne, exa-mine et voit que cette prospérité est le fruit des fran-chises accordées à cette cité par l’empereur Frédéric I er .Son bon esprit lui inspire le dessein de rendre égale-ment libres les habitans de la ville de Neuchâtel . Ilaperçoit de grands avantages pour son neveu danscette restriction d’autorité, voire dans la totale aboli-tion de certains droits seigneuriaux; ses jeux clair-voyans percent dans l’avenir et découvrent qu’avec uneliberté conforme à la nature de l’homme, et encouragéspar la propriété, les bourgeois s’évertueront, prospé-reront et multiplieront davantage.
Aussitôt de retour, il fait appeler le prévôt et cer-tains chanoines du chapitre, auxquels il raconte cequ’il a vu, observé et médité. Ceux-ci, charmés de sonbeau dessein, le pressent de le mettre en manifesta-tion. Il consulte son frère Berthold, évêque de Lau-sanne , et en est également approuvé; et, bien qu’ilsoit co-seigneur régent de la comté, partant en suffi-sante autorité, toutefois il trouve convenable, à l’exem-ple de son défunt frère le comte Rodolphe, de convo-quer, non les comtes de Nidau et de Strasberg, nil’évêque de Lausanne , mais les domzels du chezaul,féotiers en la comté, ensemble le prévôt et quatre cha-noines du chapitre, et de leur faire part de ses penséeset desseins, demandant leur avis et ensuite exhortantles dits vassaux, pour leur propre avantage et profit, desoulager aussi leurs sujets de certaines charges de ser-vitude trop pesante. Pierre d’Estavayer, prévôt, est