128 —
riaux pour quelque bon ouvrier qui saura bien mettrede côté mes redites.
En louant la conduite de Rodolphe IV, le chanoineBaillods cite spécialement le particulier soin que pre-nait ce comte de tenir le grand plaid, sans jamais yfaire faute, ayant une singulière attention de faire choixpour assesseurs aux assises tant dedans que dehors,des plus avisés chanoines, vassaux et notables bour-geois. Quelques lignes après, il semble désigner lemême tribunal sous le nom de plaid de mai. Il esttout sûr que ce bon et sage écrivain croyait avoir déjàfait mention de ce grand plaid ou plaid de mai, sansquoi il n’aurait pas manqué de nous apprendre ce qu’é-tait chose de si grande importance, qu’il n’en seraitpoint à mon sens de plus curieuse à bien connaître.Quand fut institué ce tribunal suprême de judicature?Quels étaient ses attributs, ses fonctions, sa vraiesphère? Quel était le nombre de ses assesseurs? J’yvois bien les trois ordres; mais siégeaient-ils en portionségales? Le pouvoir judicatif était-il le seul confié à cetribunal? Avait-il quelque part au pouvoir législatif?Quant au pouvoir exécutif, on doit croire qu’il ne sortitjamais des mains du seigneur comte. C’est grand dom-mage de ne pouvoir trouver réponse à telles questions;et, malgré ma grande estime pour le chanoine Bail-lods, je ne puis lui pardonner semblable omission, luiqui avait sous les yeux et dessous la main tant et tantde bons et précieux manuscrits remplis de judicieusesannotations. Bref, nous apprenons du moins qu’en1270 déjà, un tribunal de judicature s’assemblait aumois de mai, pour vidanger les contestations litigieuses