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Par le premier on entendait un tribunal suprême quijugeait définitivement les contestations et procès surlesquels soit les justices locales, telles alors celles deNeuchâtel et de Neureux, soit les assises ambulantes,n’avaient, vu la nature des causes, le pouvoir de rendrejugement absolu; ne sachant quelle était l’autorité desdites justices locales et assises ambulantes, ce dont leehanoine Baillods a omis de nous instruire. Par grandsjours on entendait une convocation extraordinaire destrois ordres, à la volonté du comte, en des occurrencesimportantes. C’était proprement un grand conseil d’état.Sûr est-il qu’en ma jeunesse j’entendis des vieillardsqui avaient été témoins encore de l’assemblée des au-diences-générales, auxquelles ils donnaient par fois lenom de grands jours, et celui de grand plaid ou plaidde mai au tribunal des trois-états, dénomination en-core usagée à cette heure par plusieurs habitans de lacampagne.
Le but tant louable et beau que se proposèrent nosanciens comtes par la convocation des grands jours,et l’utile accroissement de leur forme et sphère mé-ritent bien d’être parcourus un petit. On en a observéla première lueur sous Rodolphe III , année 12 x 3 ; alorsle clergé et la noblesse tant seulement furent convo-qués, comme témoins exécuteurs des volontés der-nières du seigneur comte. Assemblée toute pareille enla même année sous le régent Ulrich; mais ici c’estpour prendre avis et conseil du clergé et des vassauxsur le dessein formé par l’illustre régent axx regard del’affranchissement des bourgeois. L’an 1270, RodolpheIV convoque le prévôt et divers chanoines du chapitre,.