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et reste maître du dit château, en cédant une portionde terrain situé en Bourgogne , qu’il tenait de la com-tesse Jehanne de Montbéliard , sa femme. Il aime mieuxdonner à son beau-frère plus qu’il n’en reçoit, à cellefin d’abolir à toujours cette prétention étrangère.
De jour en jour les Bernois accroissaient leur puis-sance, tant par vaillans faits d’armes que par acquisi-tions à prix d’argent, comme habiles gens qu’ils onttoujours été. Les grands seigneurs leurs voisins n’a-vaient de pires ennemis; et non contens d’avoir étébien frottés au combat du Tonnerre en 1291, ils ne vi-saient qu’à déconfire ces villains ; ainsi les appelaient-ils, au dire du chanoine Baillocls.
Pour cet effet Rodolphe de Neuchâtel, comte deNidau , entreprend de former une puissante liguecontre les Bernois , et vient solliciter le comte Louisd’être de la partie. Celui-ci incline fort d’y prendreplace, en revanche des deux sièges qu’il a soutenus auLanderon contre les Bernois. Le comte Rollin nonseulement le détourne de ce dessein, mais fait sesefforts pour engager le comte de Nidau à y renoncer.Il ne peut vaincre son obstination non plus que cellede Pierre et de Girard de Neuchâtel , le premier comted’Arberg, et le second seigneur de Yalangin et gendredu comte Rollin. Les ligueurs en grand nombre met-tent ès champs une puissante armée, et se promettentcette fois de détruire Berne . Rodolphe cl’Erlach, écuyerdu comte de Nidau , voyant ces choses, quitte sonmaître en lui disant qu’il va joindre ses concitoyensîle Berne , lesquels, charmés de sa loyauté, lui don-nent le commandement des troupes. Et, bien que lesIJ. 12