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xercer la justice de la part du prince. Dans la vue dese fortifier contre cette régence, les ministraux ou chefsmunicipaux, de deux qu’ils étaient jusqu’alors, sontportés à quatre. Et, comme avantde partir, Conrard faitentendre que les régens ont ordre de bien veiller sur lesministraux et bourgeois, au regard desquels il témoignerudement des dispositions non favorables, il ne faut s’é-tonner des grandes animosités qui vont s’en suivre.
(*) Durant les vendanges, arrive un des écuyers ducomte Conrard, venant de la Palestine, avec chargede dire aux régens, qu’ils doivent demander deux aidesaux bourgeois de Neuchâtel , l’une pour avoir passé lamer, l’autre pour avoir été fait chevalier. Les bour-geois ne se font tirer l’oreille, ains acquittent largementl’obvention, lequel argent est incontinent porté auxmarchands bâlois, qui avaient fait des avances à Con-rard pour la croisade.
(i4o5 *). Jean IY de Châlons , prince d’Orange, in-formé du départ de Conrard pour l’Orient, et de lamésintelligence qui régnait entre la régence et les bour-geois de Neuchâtel , entreprend de profiter de ces oc-currences, et méditant dans son ambition des desseinssur le comté de Neuchâtel , il s’y transporte avec grandcortège, et persuade aux ministraux et bourgeois queles franchises dont ils jouissent de la part des comtes,ne peuvent être valables qu’autant qu’il les aura con-firmées en sa qualité de seigneur suzerain, vu qu’unvassal ne peut détériorer son fief que sous le bon vou-loir de son syre dominant. Les ministraux et bour-geois, grandement indisposés déjà contre Conrard, et
(*) Baillods, Chronique des Chanoines.