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Tome second.
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mal satisfaits des régens dont ils se défient, acceptentavec empressement loffre du prince dOrange, à linsçude la régence.

Jean de Châlons ne sen tient pas; il caresse etmignonne tant et tant tous et un chacun, et pour mieuxsonder les dispositions de la multitude, il blâme ap-pertement la rudesse de Conrard, et fait entendre quesi celui-ci, soit la régence, donnait atteinte aux fran-chises de la ville, lui en sa qualité de seigneur domi-nant, prendrait fait et cause pour les bourgeois, voirepar main-mise sur le comté.

Vers la fin de lannée, Conrard arrive inopinémentde la Terre-Sainte, grandement surpris et courroucédes faits et dits, tant du comte de Châlons que desbourgeois et du chapitre de Notre-Dame . Il sen prendaux régens, les querellant de navoir mis empêchementà ce mauvais train. Les régens mal contens quittentla besogne, et se retirent en leurs maisons.

Remarques. Le retour non attendu de Conrard futleffet dune information à lui adressée en Orient parle chanoine Jean de Diesse, et. conservée au château deTrje, je lai vue et tenue. Cet écrit est tout curieux,et annonce un noble follement épris du pouvoir féodal,et ne pouvant souffrir les franchises populaires. Il écri-vit entrautres choses au comte Conrard, que pour sûril y avait manigance entre Berne et les bourgeois deNeuchâtel , que plusieurs du chapitre agissaient de con-cert avec ceux-ci, et que tous prêtaient loreille aux dis-cours emmiellés de Jean de Châlons; que sil ne re-venait bien vite, il risquait grandement de navoir pinsà commander en la ville singulièrement. Certes, il