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Tome second.
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ce nétait alors paroles en lair mais chose toute réelle,à telles enseignes que plus clun bourgeois de Neu­ châtel allèrent tôt après, et à la faveur du dit traité,planter leur piquet à Berne , et furent agréablementaccueillis comme bourgeois. Certes la chance nestplus de même couleur depuis long-temps. Alors il yavait plus de coups despadon que dargent à gagnersous les bannières de Berne ; maintenant tout au re-bours , cest fortune sans péril ; si bien que divers per-sonnages de ma connaissance voudraient bien plutôtdiminuer quaccroître le nombre des bourgeois deBerne , à celle fin davoir part plus grande au graspâturage quils ont acquis : pauvre doctrine, ainsique je lai déjà dit à plusieurs ; elle ferait choir la co-lonne, laquelle en tel genre de république a besoindune large base. Et pour en revenir à notre traitéde 1406, les choses ont si fort changé de mine, quàcette heure nous sommes bourgeois de Berne tout justecomme si nous ne létions pas.

Une seconde remarque vient appuyer ce que jai ditdu soin que prenait ce canton, dans les premiers temps,de se procurer des bras par tous moyens. Je veuxparler dun traité secret lequel, au rapport du cha-noine Baillods, fut stipulé dans les ténèbres delà nuit,à Berne , à linsu de Conrard, à lheure même quele comte assistait à un grand festin que lui donnait larépublique, après la signature des traités sus-énoncés.Au dire du chanoine, on lisait dans le cartulaire duchapitre, que certains personnages de Berne et deuxministrals de Neuchâtel , à ce commis des deux parts,sengageaient au nom de celteville, à prendre parti pourii. te