— 246 —
les bourgeois de Neuchâtel s’émancipent de régler gra-vement l’ordre de la succession, au cas que Conrarcl 1ne laisse pas d’enfans. Dans la dite absurde convention,commençant par ces mots : Nos consilium et commu-nitas villce Novi Cas tri, etc., les bourgeois prononcentqu’en tel au tel cas, le comte de Châlons entrerait enpleine succession et possession du comté de Neuchâtel .Conrarcl ignore toutes ces choses ; il ne les apprendque long-temps après, tant sa manière de régenter luigagne peu cl’amis et serviteurs fidèles.
(*) Mahault, dame de Valangin , et Guillaume, sonfils, accordent de nouvelles franchises aux bourgeoisde Valangin , lesquels sont allégés de diverses charges.L’acte est daté du dimanche Reminiscere 1406. Cettecharte est nommée la grande franchise.
(1407 **). Le comte de Châlons espérant tout de lahaine des peuples contre Conrard, croit le momentpropice pour l’évincer de Neuchâtel . Il commence parpublier à grand bruit une main-mise, se fondant surdéfaut de spécification dans l’hommage que lui renditle comte Conrard en 1397. Celui-ci répond fièrementà la notification par un refus ferme et net d’obéir,disant froidement que, si le prince d’Orange eût de-mandé le dénombrement de son fief par le menu, ily aurait satisfait, comme il était prêt encore à le faire.Jehan de Châlons s’apercevant que la poire n’est pasmûre, et que le soulèvement général dont l’avaientleurré le baron de Rochefort et certains du chapitre,ne prenait feu encore, ains au contraire que les yeuxsemblaient s’ouvrir à Neuchâtel , prend le parti de
(*) Mémoire de 1668. (**) Baillods et Horv.