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prépare à punir son vassal à main armée; eelui-cimieux avisé conjure l’orage, en implorant la média-tion de l’archevêque de Besançon . Conrard consentque le métropolitain soit arbitre, lequel prononce le 8mars : i° que Guillaume d’Arberg, en sa qualité deseigneur de Valangin , reconnaît, genoux en terre, qu’ilest pur et simple féotier, sujet du comte de Neuchâtel :2 ° que la terre de Boudevilliers au Val-de-Raoul, estbien et dûment réunie à toujours au domaine ducomte de Neuchâtel , son bénin seigneur : 3° qu’en ex-piation de ses méfaits et désobéissances, comme aussipour frais en apprêts de guerre par lui causés à sonbénin seigneur, le dit Guillaume d’Arberg en personne,délivrera au comte Conrard io marcs d’argent fin, enson haut chastel, le jour des prochaines Pâques . Encontemplation de quoi, le comte Conrard pardonne àson vassal ses fautes, singulièrement la mort de Jeande Sales, et lui permet, et ce de grâce spéciale, d’é-lever un gibet, mais à trois piliers seulement, commed’ancienneté.
(*) Ce dernier démêlé acheva de brûler le sang ir-ritable du comte Conrard, lequel termine sa trop agi-tée carrière le jour des rameaux, 16 avril i4 2 4> P euregretté de ses sujets en général, et singulièrement dela bourgeoisie et du chapitre de Neuchâtel . Il fut pres-que toujours l’artisan de querelleux débats, qui fati-guèrent son règne violent et altier. Oubliant sans cessequ’à Neuchâtel en Suisse , il n’était plus parmi ses mor-taillables du Brisgau , sa dure humeur éloignait de sapersonne les bons serviteurs, et avec eux la connais-
(*) Chron. des Chanoines.