Band 
Tome second.
Seite
288
JPEG-Download
 

288

Vauthier avait épousé en i 4 o 3 Françoise fille de Fran-çois de Colombier, chevalier, seigneur de Wuillerens, duneancienne famille du pays de Vaud . En i 4 <> 4 , il se plaignaitdans une requête au parlement de Dole que « lorsque Fran-» çoise de Colombier se rendait au château de Rochefort» pour y célébrer son mariage, on lavait empêchée de tra-» verser la ville de Boudry, quon lavait arrêtée six heures» devant la porte, en haine de son époux, et quon ne le» lui avait enfin permis que par égard pour ceux qui lac-» compagnaient. » Que sétait-il donc passé en 1409, puis-que tout à coup la fureur du comte se ralentit, et quilpencha vers une réconciliation? Il faut quil neût encoreaucun soupçon avéré de ces faux actes fabriqués par Vau-thier, ou que celui-ci eût intéressé des protecteurs puissansà sa cause, puisquaprès tout ce qui sétait passé, les par-ties convinrent de sen rapporter à la prononciation de Jeande Châlons, prince dOrange.

Le prince dOrange, toujours favorable à Vauthier, pro-nonça que Rochefort et les Verrières lui seraient restitués,quil hériterait sans opposition les bien-s de Perrenon deRavine, sa mère, ainsi que ceux de sa sœur Marguerite,mais quil renoncerait à toute autre prétention envers lecomte. Celui-ci parut se soumettre dassez bonne grâce àcette décision.

Tout à coup des soupçons sélèvent sur Vauthier et surses fausses chartes. Le 11 janvier i 4 'ii, le comte ordonneune déposition de témoins au Vaux-Travers. Les témoinsdéclarent quen 1408 le bâtard Vauthier avait produit de-vant eux et déposé sur la chapelle de Nozeroy, au comtéde Bourgogne, un acte à leur profit, concédé en 1297 parle comte Raoul aux habitans du Vaux-Travers, et quilslui avaient promis un bon bœuf en récompense.

Cependant le comte de Fribourg ne perdait pas un mo-