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Vauthier avait épousé en i 4 o 3 Françoise fille de Fran-çois de Colombier, chevalier, seigneur de Wuillerens, d’uneancienne famille du pays de Vaud . En i 4 <> 4 , il se plaignaitdans une requête au parlement de Dole que « lorsque Fran-» çoise de Colombier se rendait au château de Rochefort» pour y célébrer son mariage, on l’avait empêchée de tra-» verser la ville de Boudry, qu’on l’avait arrêtée six heures» devant la porte, en haine de son époux, et qu’on ne le» lui avait enfin permis que par égard pour ceux qui l’ac-» compagnaient. » Que s’était-il donc passé en 1409, puis-que tout à coup la fureur du comte se ralentit, et qu’ilpencha vers une réconciliation? Il faut qu’il n’eût encoreaucun soupçon avéré de ces faux actes fabriqués par Vau-thier, ou que celui-ci eût intéressé des protecteurs puissansà sa cause, puisqu’après tout ce qui s’était passé, les par-ties convinrent de s’en rapporter à la prononciation de Jeande Châlons, prince d’Orange.
Le prince d’Orange, toujours favorable à Vauthier, pro-nonça que Rochefort et les Verrières lui seraient restitués,qu’il hériterait sans opposition les bien-s de Perrenon deRavine, sa mère, ainsi que ceux de sa sœur Marguerite,mais qu’il renoncerait à toute autre prétention envers lecomte. Celui-ci parut se soumettre d’assez bonne grâce àcette décision.
Tout à coup des soupçons s’élèvent sur Vauthier et surses fausses chartes. Le 11 janvier i 4 'ii, le comte ordonneune déposition de témoins au Vaux-Travers. Les témoinsdéclarent qu’en 1408 le bâtard Vauthier avait produit de-vant eux et déposé sur la chapelle de Nozeroy, au comtéde Bourgogne, un acte à leur profit, concédé en 1297 parle comte Raoul aux habitans du Vaux-Travers, et qu’ilslui avaient promis un bon bœuf en récompense.
Cependant le comte de Fribourg ne perdait pas un mo-