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ment pour arriver à la vérité. Les preuves s’accumulaientsur Vauthier et sur son complice, le chanoine Leschet. Ilobtient de l’évêque de Lausanne qu’on s’empare de ce der-nier et qu’on le traduise devant l’officialité. Leschet y com-paraît et se reconnaît coupable; mais il implique Jean deMurat, clerc du bâtard, et l’accuse d’avoir écrit ces fauxactes. L’official le fait également saisir et conduire en saprésence au château d’Ouchy. Voici ses aveux. Il déclarequ’il écrivait de faux actes de privilèges qui attentaient àla juridiction et à l’autorité du comte de Neuchâtel ; que lechanoine Leschet les compilait, et que le bâtard ordonnaitau dit clerc de les copier sur parchemin. Les faussairestravaillaient dans le château de Cerlier , au diocèse de Lau sanne , où le bâtard demeurait. Ils opéraient dans la chambreoù Vauthier couchait avec sa femme; mais dans ces mo-mens-là, elle était inaccessible pour elle comme pour toutautre. Lorsque la copie de ces actes fut transcrite, le bâtardles cacha dans un coffre. Le clerc en écrivit trois, pour leLanderon , Boudry et le Vaux-Travers; ces chartes por-taient toutes en tête le nom du comte Louis. Il avoua qu’ilavait transcrit un faux acte de concession de la comtesseIsabelle à la bâtarde Marguerite, par lequel elle lui faisaitdon d’un fief à la Côte, à l’occasion duquel elle avait étécondamnée en i/joa; a 0 une charte prétendue du comteLouis en faveur de ses deux bâtards, qui détaillait les li-mites de la seigneurie de Rochefort ; 3° un don à la bâtardeMarguerite et à Perrinet de Mont, son mari, d’un cens dequatre muids de froment à prélever annuellement sur lesmoulins de Serrières ; 4 ° des chartes au profit des bourgeoisde Neuchâtel .
Vauthier s’était retiré dans le comté de Bourgogne ; maison ne sait ce qu’étaient devenus sa femme et ses enfans,car tous ses biens avaient été confisqués et l’éunis au do-II. 19