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maine. Il y traînait une triste existence, dénué de tout,ou ne vivant qu’aux dépens de quelque protecteur qui igno-rait ses délits. Mais le comte tout entier à ses projets devengeance, le poursuivait partout. Vers la fin de l’annéei4n , d obtient du duc de Bourgogne des lettres adresséesau gouverneur de la régalie de Besançon et aux gouverneursde la cité, pour faire arrêter Yauthier et lui arracher l’aveude ses crimes de faux. Jean de Neuchâtel, seigneur deYaumarcus, est chargé d’agir en son nom et de se rendreà Besançon pour donner de l’activité à ses démarches. Lebâtard fut saisi et incarcéré.
On ne peut découvrir la cause du ralentissement momen-tané que le comte mit alors dans ses poursuites. Yauthierfut relâché au bout de neuf mois de détention, après avoirsoutenu plusieurs fois une question rigoureuse, sans qu’onpût lui arracher un aveu. Conrard avait probablement desennemis puissans qui cherchaient à le traverser dans sesprojets en s’intéressant au coupable. Cependant, furieuxd’apprendre que Vauthier lui échappait, il s’adresse à laduchesse de Bourgogne qui gouvernait pendant l’absencedu duc, pour lui demander justice. Il se répand en plaintescontre les gouverneurs de la cité de Besançon (‘), et lasupplie de faire examiner leur conduite, espérant quellene permettrait pas que le bâtard, coupable de pareils crimes,pût rester impuni. Sur cette requête, elle envoie à Besançonmaître Lambert de Saulx, de la chambre des comptes deDijon , et un secrétaire du duc, chargés d’approfondir lavérité.
Par l’examen que firent les commissaires du duc, on voitque Yauthier, durant sa captivité de neuf années, avait étésouvent dans le besoin par la négligence du comte Conrard
(') Besançon , ville libre et impériale, avait choisi de son plein grele duc de Bourgogne pour gardien ou protecteur.