\U HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1796.
est de toute nécessité. Restez à Rome en état de négociation ou d’armi-stice, jusqu’au moment de marcher sur cette ville superbe. — Si noussommes battus sur le Rhin, il nous convient de faire la paix avec Rome et avec Naples . Il est une autre négociation qui devient indispensable :c’est un traité d’alliance avec le Piémont et Gènes . Je voudrais donnerMassa et Carrara et les fiefs impériaux à Gènes , et la faire déclarercontre la coahtion. Je n’avais jamais compté qu’après avoir détruit enune campagne deux armées à l’empereur, il en aurait eu une plus puis-sante , et que les deux- armées de la république hiverneraient bien loin duDanube : le projet de Trieste et de Naples était fondé sur des suppositions.On a montré au pape tout le traité à la fois : il fallait, au contraire,préalablement l'obliger à se prononcer sur le premier article; mais,surtout, on ne devait pas choisir l’instant où l’armée était dans le Tyrol,et l’on devait avoir à l’appui un corps de troupes à Bologne , qui se seraitaccru par la renommée. Cela nous coûte dix millions, cinq en denrées,et tous les chefs-d’œuvre d’Italie , qu’un retard de quelques jours nousaurait donnés. Tous ces pays sont si peuplés,-la situation de nos forcesCot si connue, tout cela est tellement travaillé par l’empei’eur et l’An-gleterre , que le succès change tous les quinze jours. » La dépêche du 8aborde la vérité et la nécessité avec encore plus de franchise : « Mantoue ne pourra pas être prise avant le mois de février.—Tous verrez par laquenotre position en Italie est incertaine et notre système politique très-mauvais.
— Trieste est aussi près de Vienne, que Lyon l’est de Paris : en quinzejours les troupes y arrivent. L’empereur a déjà de ce côté-là une armée.
— On gâte tout en Italie . Le prestige de nos forces se dissipe. L’on nouscompte. Diminuez vos ennemis. L’influence de Rome est incalculable. —On a très-mal fait de rompre avec cette puissance : tout cela sera à sonavantage. Si j’eusse été consulté sur tout cela, j’aurais retardé la négociationde Rome comme celle de Gênes et de Venise . Toutes les fois que votre général,en Italie , ne sera pas le centre de tout, vous courrez de grands risques. Onn’attribuera pas ce langage à l’ambition ; je n’ai que trop d’honneurs; et masanté est tellement délabrée que je me crois obligé de vous demander un suc-cesseur. »
La conversion de l’Italie au système républicain était le projet domi-nant de ce grand capitaine, qui, au milieu des camps, cultive les sciences,et donne à son gouvernement les leçons de la plus haute politique. Ill’a instruit du dessein qu’il a formé de composer un faisceau auxiliaire