HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1796. 115
6e la république, des villes qui s’en sont déclarées les amies ; il écrit,«i conséquence, au commissaire du gouvernement Garrau , le 9 octobre :" Il faudrait réunir un congrès à Modène et à Bologne, et le composerdes députés des états de Ferrare, Bologne, Modène et Beggio. — Ilfaudrait avoir soin qu’il y eût parmi ces députés des nobles, des prêtres,des cardinaux, des négociants et de tous les états, généralement estiméspatriotes. On y arrêterait : 1° l’organisation de la légion italienne ; 2° onferait une espèce de fédération pour la défense des communes ; 3° ilspourraient envoyer des députés à Paris pour demander leur liberté et leur indé-pendance. — Cela produirait un très-grand effet, et serait une base deméfiance et d’alarmes pour les potentats de l’Europe . Il est indispensableque nous ne négligions aucun moyen pour x’épondre au fanatisme deRome , pour nous faire des amis, et pour assurer nos derrières et nosflancs. « Cette application neuve et savante de la politique à la guerre,n’abandonna jamais la pensée de Bonaparte dans tout le cours de sa vie.La campagne d’Italie n’est pas seulement pour lui l’école pratique decette stratégie supérieure qu’il a inventée : elle l’est encore de cette su-prématie d’état qui a mis, pendant quinze ans, l’Europe à ses pieds etla France au faîte des prospérités humaines. Il faut remarquer que legénéral Bonaparte parle toujours de l’indépendance nationale aux des-cendants du peuple romain, au lieu que le directoire ne cherchait qu’àen faire les serfs de la liberté française. Aussi, par ce congrès lombard,Lonaparte prépare la haute Italie aux gouvernements libres et républi-cains qui vont être les monuments de ses victoires. L’Italie autrichiennesera émancipée aussitôt que la chute de Mantoue en aura décidé l’af-franchissement.
Mais Bonaparte est loin de trouver dans le directoire des hommesToi le comprennent. Ce gouvernement lui écrivait, le 11 octobre : « Lapolitique et nos intérêts bien entendus, bien envisagés sainement, nousprescrivent de mettre des bornes à l’enthousiasme des peuples du Milanais,flu’il convient de maintenir toujours dans des sentiments qui nous soientfavorables, sans nous exposer à voir prolonger la guerre actuelle paru Qe protection ouverte, et en les encourageant trop fortement à mani-fester leur indépendance. » Ainsi, le directoire voulait seulement prêter'la liberté à ces nations, en raison de son intérêt du moment, et il seproposait de les abandonner, en raison de ce qu’il appelait ses insuccèsen Allemagne , et de faire de leur pays le gage d’une paix durable. Ses vues
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