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Tome premier.
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416 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 4796.

à cet égard étaient si bien arrêtées, que redoutant qu’il ne restât quelqueexception à cette singulière doctrine, il ajoutait : « Ce que nous avonsdit sur l’indépendance du Milanais s’applique à Bologne, Ferrare ,Reggio, Modène, et tous les autres petits états d’Italie . » La suite decette dépêche est consacrée tout entière à la crainte de ne pas faire lapaix assez tôt. Le directoire avait poussé aussi loin que possible cettegrande vertu républicaine, le désintéressement de sa propre gloire. Ils’arrangeait pour vivre tranquille et pour régner bourgeoisement sur laliberté. Il croyait encore que les peuples de l’Italie ne devaient songerà leur affranchissement que sous son bon plaisir. Mais le général enchef savait qu’il devait compte de sa conduite à la patrie, à l’armée, àl’histoire ; et il prenait aussi sur lui, dans ses lettres aux ministres dela république à Rome, à Gênes et à Yenise, la responsabilité delà poli-tique future et des traités actuels.

La correspondance du général Bonaparte avec le directoire se termineà Milan , au 12 octobre. Avant de quitter cette capitale de ses conquêtes,il désigne au directoire les officiers et les employés civils dont il veutdébarrasser l’armée ; il signale avec la plus grande vigueur la dilapida-tion, et imprime aux noms des coupables une tache qui n’est pointencore effacée. « En leur faisant une guerre ouverte, dit-il, il est clairque j’intéresse contre moi mille voix qui vont chercher à pervertir l’opi-nion. Je comprends que s’il y a deux mois je voulais être duc de Milan ,aujourd’hui je voudrais être roi d’Italie. —Les charrois sont pleinsd’émigrés; ils s’appellent royal charrois, et portent le collet vert sousmes yeux. » Il donne le détail des frais de sa campagne : depuis sixmois il n’a dépensé que onze millions; il en a envoyé vingt au direc-toire. Aucune partie du service civil, de l’administration de l’armée,n’échappe à son investigation, et il met toujours le remède à côté dumal. Il demande la création d’un ordonnateur des contributions, quicorresponde avec le ministre des finances. Cette proposition est faitedirectement contre les commissaires du directoire aux armées. Il abordefranchement la question : « Peut-être pensez-vous, dit-il, qu’il ne con-vient pas de donner une comptabilité de détail à des hommes qui ontune responsabilité morale et politique. Si, selon l’esprit de vos instruc-tions, vos commissaires ne doivent que surveiller, il faut que jamais ilsn’agissent ; il y a eu général une présomption défavorable contre ceuxqui manient de l’argent. » C’était ainsi, et par la connaissance profonde