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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 4796. 447

qu’il prenait lui-même de toutes les parties de son administration mili-taire , qu’il se formait cet esprit d’ordre et d’économie qui a constam-ment étonné, pendant son règne, l’intendant général de ses armées, legrand maréchal de son palais et ses ministres. Au milieu de toutes cesoccupations différentes, il veille également sur la sûreté des pays qu’iloccupe : « Je fais fortifier Pizzighettone, Reggio , et tous les bords del’Adda. J’ai fait fortifier également les bords de l’Adige; enfin, dansl’incertitude du genre de guerre que je ferai, et des ennemis qui pour-ront m’attaquer, je n’oubüe aucune hypothèse, et je fais aujourd’huitout ce qui peut me favoriser; je fais mettre en même temps les châ-teaux de Ferrare et d’Urbin, près Bologne , en état de défense.Mantoue est hermétiquement bloquée, et cela avec sept mille hommesd’infanterie et quinze cents de cavalerie. »

Wurmser a trente m il le bouches à nourrir; la maladie fait des ravagesconsidérables dans sa garnison ; il compte quinze mille malades aux hôpi-taux; on vit dans Mantoue de chair de cheval. Les Autrichiens ont,au 17 octobre, quatorze mille hommes dans le Tyrol et quinze mille surla Piave. Ils attendent trente mille hommes sous les ordres du feld-maréchal Alvinzi. « L’armée d’Italie, continue Bonaparte , a produit,dans la campagne d’été, vingt millions à la république, indépendam-ment de sa solde et de sa nourriture; elle peut en produire le doubledans la campagne d’hiver. Si vous nous envoyez une trentaine de millehommes, Borne et toutes ses provinces, Trieste et le Frioul , même unepartie du royaume de Naples , deviendront notre proie ; mais pour sesoutenir il faut des hommes. » Une autre dépêche, écrite également deModène , annonçait au directoire, qui avait voulu si impolitiquementajourner l’expédition de la Corse, que la Méditerranée allait être fibre,e t que le commissaire Salicetti partait de Livourne pour cette lie. Lemême jour, Bonaparte donnait ordre au général divisionnaire Gentili dese rendre en Corse, pour y commander une division. Il lui désignait etles officiers du pays auxquels il confierait la garde des places, et l'es-pèce de levées qu’il devait faire. « Yous accorderez, lui disait-il, unpardon général à tous ceux qui n’ont été qu’égarés. Vous ferez arrêter,et juger par une commission militaire, les quatre députés qui ont portéla couronne au roi d’Angleterre, les membres du gouvernement, et lesmeneurs de cette infâme trahison, entre autres les citoyens Pozzo diHorgo, Bertolani, Peraldi, Stéfanopoli, Tarteroli, Filipi, et l’un des