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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1796.chefs de bataillon qui seront convaincus d’avoir porté les armes contrela république. •> Dans le même moment, le général en chef rendaitcompte au directoire de la séance du congrès qui avait eu lieu à Modène ,où une centaine de députés s’étaient assemblés ; il avait pris sur lui derompre l’armistice avec le duc. « Je suis fâché, écrit-il au directoire, le24 octobre, que votre lettre soit arrivée trop tard; je vous prie de vousreporter aux circonstances où je me trouve : Rome imprimant des mani-festes fanatiques; Naples faisant marcher des forces; la régence deModène manifestant ses mauvaises intentions et rompant l’armistice enfaisant passer des convois à Mantoue ; la république française se trou-vait avilie, menacée. Ce coup de vigueur, de rompre l’armistice deModène, a rétabli l’opinion et a réuni Bologne, Eerrare, Modène ,Reggio dans un même bonnet. Le fanatisme s’est trouvé déjoué ; et lespeuples, accoutumés à trembler, ont senti que nous étions encore là.La république avait le droit de casser un armistice qui n’était pas exé-cuté. La régence même ne désavoue pas d’avoir envoyé des secours dansMantoue. » C’est ainsi que Bonaparte préludait aux préliminaires deLéoben. Il ajoutait : « Modène, Reggio , Bologne et Eerrare, réunis encongrès, ont arrêté une levée de deux mille cinq cents hommes, sousle nom de première légion italienne. — Voilà un commencement de forcemilitaire qui, réunie aux trois mille cinq cents hommes que fournit laLombardie , fait à peu près six mille hommes. Il est bien évident que sices troupes, composées de jeunes gens qui ont le désir de la liberté,commencent à se distinguer, cela aura, pour l’empereur et pour l’Italie ,des suites très-importahtes.—Dès l’instant que je saurai bien positive-ment que les Anglais ont passé le détroit, et que je saurai quelles sontvos intentions sur Naples, et où en sont vos négociations, je prendraiavec Rome le ton qu’il convient. »
Le mois d’octobre fut aussi heureux pour les négociations préparéesou favorisées par le conquérant de l’Italie , qu’il l’avait été pour sesarmes. Le 9, une convention fut conclue à Paris , entre le directoire etle gouvernement de Gênes, qui avait payé quatre millions à la France .L’Espagne , non contente d’avoir contracté une alliance offensive etdéfensive avec la république, publia, le 8 octobre, son manifeste contrel’Angleterre. Le 10, le directoire, ayant enfin cédé au vœu si souventet si fortement exprhné par son général, avait signé la paix de Naples.Le 22, la Corse, après avoir envoyé sa soumission à Bonaparte , et