HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1796. 419
avoir expulsé les Anglais et leurs partisans, était rentrée sous la domi-nation française. Enfin, le même jour, lord Malmesbury arrivait à Paris pour négocier la paix de l’Angleterre. ■
L’épée du général Bonaparte pesait dans la balance de l’Europe . Onlui devait la paix de Turin , conséquence inévitable de l’armistice parlequel il avait enchaîné le Piémont : mais, oubliant l’influence et lesconseils du vainqueur de Beaulieu et de Wurmser, le directoire ne savaitpas se résoudre à des concessions momentanées pour acquérir l’allianceet la coopération du nouveau roi Charles-Emmanuel. Cependant, d’uncôté, ce prince, perdant tout espoir d’obtenir de nous les indemnitésde ses pertes, pouvait saisir la première occasion favorable de se ratta-cher à la coabtion, et nous faire un mal immense ; tandis qu’au con-traire le renfort que nous lui demandions nous aurait rendu des servicesinappréciables. Convaincu de ces vérités, et ne pouvant vaincre la résis-tance du gouvernement, Bonaparte prit sur lui de signer à Bologne ,le 16 février 1797, un traité offensif et défensif avec le comte de Balbo;mais le directoire, jaloux de ses prérogatives, ne l’approuva point, etrenvoya l’affaire au général Clarke, qui se trouvait à Turin . L’arrange-ment ne fut terminé qu’après la signature des préliminaires de Léoben ,et le contingent qu’Emmanuel s’était empressé de fournir nous manquapendant toute la campagne. Au reste, cet arrangement lui-même n’ob-tint pas la sanction du directoire.
Il en arriva de même pour le traité avec le duc de Parme, dans lequelle général Bonaparte engageait le directoire à demander à l’Espagne ,en vertu de l’alliance défensive et offensive, d’envoyer dix mille hommesà l’infant. L’Espagne aurait eu d’autant moins de répugnance à donnercet appui, motivé sur la sûreté de l’infant, que son traité avec la répu-blique avait délivré la Méditerranée des Anglais , décidé leur évacuationde la Corse, et qu’elle-même, le 8 octobre suivant, elle avait déclaré laguerre à la Grande-Bretagne.
Ce fut précisément le même jour que le général en chef, autorisépar toutes les lois de la guerre, rompit l’armistice de Modène , dont larégence avait, au mépris des conventions, procuré des secours àMantoue .
Il proclama l’indépendance des états de Modène ; et il en résulta unefédération armée, en faveur de la république, entre ce pays et les deuxlégations de Bologne et de Ferrare . Des légions italiennes marchaient