CHAPITRE VII.
Depuis le 20 novembre jusqu’au 2 février 1797.
Mort de l’impératrice Catherine II . —Renvoi de lordMalmesbury. — Fausses négociationsavec l’Autriche. — Intelligence des cours de Rome et de Vienne . — Batailles de Rivoli,de Saint-Georges, de la Favorite. — Capitulation de Mantoue .
Le jour où Bonaparte cueillait le laurier d’Arcole, le plus grand pou-voir de l’Europe s’éteignit dans le Nord : Catherine II mourut. Cettemort inattendue peut-être, parce qu’elle fut naturelle, était pour laFrance et devint pour son général une grande faveur de la fortune-Catherine, jusqu’alors, n’avait ménagé ni ses promesses aux coalitions,ni ses menaces aux républicains français . Mais sa politique avait vouluattendre l’affaiblissement de ses amis et de ses alliés, pour paraîtretout à coup sur le théâtre des événements avec une force prépondé-rante. Elle allait signer un traité d’alliance et de subsides avec l’Angle-terre, quand elle fut emportée, à Pétersbourg, le 17 novembre , parune attaque d’apoplexie. Paul I ", père de l’empereur régnant, soitpour se venger de la dépendance et de l’éloignement des affaires oùl’avait tenu sa mère, soit par une ambitieuse sagacité qui le porta àdécouvrir de nouveaux intérêts dans une conduite opposée, Paul brisatous les engagements de Catherine, et, par ce grand scandale politi-que qu’on ne devait pas lui pardonner, il étonna les Français et effrayales l’ois coalisés.
Deux faits importants se passèrent également dans les derniers joursde décembre. Le 20, après d’inutiles conférences auxquelles l’abandonde la Belgique par l’Autriche pouvait seul donner quelque valeur, ledirectoire renvoya lord Malmesbury ; et quatre jours plus tard une